DENONCER LA DISCRIMINATION PAR L’ARGENT !

 

Deux représentants du mouvement ATD Quart Monde sont venus rencontrer la classe de TSTI1 dans le cadre de leur cours de philosophie avec Mme Le Van lors d’une action du « Mois de l’Autre », le mercredi 5 mars 2017. Les échanges fructueux qui ont eu lieu ont permis de sensibiliser les élèves à la douloureuse problématique de l’indigence matérielle, et de l’exclusion qui l’accompagne. Damien Finck, membre actif de l’association, et Gérard Miot, responsable de l’antenne de Haguenau, sont venus expliquer aux élèves quelle était la finalité de leur engagement : combattre la grande misère. Pour ce faire, ils ont indiqué qu’il convenait de responsabiliser les personnes concernées, en leur donnant les moyens de s’en sortir par elle-mêmes. Ce mouvement est né en 1956, deux ans après le pathétique appel de l’abbé Pierre en 1954, fondateur quant à lui d’Emmaüs. C’est le père Joseph Vresinski, d’origine polonaise, qui a fondé ATD Quart Monde en organisant le camp d’accueil de Noisy-le-grand, rejoint ensuite par la nièce du Général de Gaulle, Geneviève De Gaulle-Anthonioz, ancienne déportée rescapée, qui deviendra présidente du mouvement. Le changement récent de dénomination est significatif de l’esprit qui caractérise cette association : ATD ne signifie plus « l’Aide à Toutes Détresses » comme c’était le cas à l’origine, mais « Agir Tous pour la Dignité », ce qui met l’accent sur l’importance de redonner une dignité à ces personnes meurtries, afin qu’elles soient actrices de leur réinsertion en évitant l’écueil de l’assistanat.

Les élèves ont été invités à procéder à des associations de termes à partir d’un mot initial : « MISERE ». Le cortège de mots relié à cette notion a mis en exergue combien cette situation de précarité était douloureuse, injuste, aliénante, violente. Les intervenants ont ensuite décrit les types d’actions menés par l’association afin de « détruire la misère », selon le mot d’ordre de Victor Hugo : des opérations de relogement sont menées, des actions éducatives au sein de l’université populaire également, des repas communautaires sont organisés pour rompre avec la souffrance de l’isolement, des bibliothèques de rue sont proposées pour donner accès au livre et au savoir, des structures sont instaurées comme un multi-accueil qui permet une meilleure intégration de ces familles en difficulté, des camps itinérants sont proposés pour permettre à des jeunes défavorisés de voyager et rencontrer des milieux différents, des avancées juridiques sont réalisées avec la contribution à la mise en place du RMI (ancêtre du RSA), ou encore de la CMU. A ce jour, 13% de la population française est considéré comme pauvre, ce qui signifie que le revenu mensuel de ces personnes est inférieur au RMI, soit env. 1000E, chiffre alarmant et inacceptable. Un débat riche de questionnements profonds s’est instauré. Pour achever cette intervention humaniste, les deux retraités engagés ont rappelé la fameuse citation du père Vresinski gravée sur une dalle du Trocadéro à Paris et reproduite devant le Conseil de l’Europe à Strasbourg : « Là où les hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré ».

Article DNA