5H30. Réveil encore plus matinal que d'habitude. En effet, aujourd'hui, nous prenons les pirogues pour rejoindre l'île de Félir où 10kms700 de sable craquant dessus et mou dessous nous attend... Nous grimpons dans 3 pirogues qui fendent les flots du Saloum sous un soleil levant. Pas un bruit. Nous sommes toutes bouche bée devant la beauté du paysage. Là, des pélicans, ici, des échassiers... Les pirogues arrivent de front sur les berges de Félir où nous découvrons un petit village de pêcheurs. Le départ sera donné à 8h15 comme à l'accoutumée mais cette fois il se fera groupé sur 1000 mètres avec un marsouin du 3ème RPiMa en tête pour ne pas nous perdre dans les méandres du village pourtant petit....


Le parcours est épuisant : le sol est extrêmement meuble. Les quelques kilomètres au bord de l'eau nous engluent dans une espèce de vase. On a l'impression d'avoir des tonnes aux semelles de nos baskets. Je me fais du souci pour Céline. Elle s'est levée barbouillée ce matin et semble avoir attrapé la tourista. Elle prendra le départ sans broncher mais je sais que ce n'est pas facile.


J'ai mal sur cette distance. On n'en voit pas le bout alors que le parcours est inférieur à celui d'hier... Heureusement l'arrivée est extraordinaire et des bambins viennent nous prendre la main pour franchir avec nous la ligne d'arrivée. Les femmes dansent au son des djumbés... L'ambiance est magique...


J'avoue que c'est à Félir que j'ai eu mon coup de coeur. Sans doute parce que l'épreuve a été difficile et que l'accueil a été la plus belle des récompenses. Le jeune Babacar Diop est venu spontanément vers moi pour m'offrir un dessin. Il m'a donné son adresse et je lui ai noté la mienne sur son cahier tout neuf. Il ne m'a pas quittée jusqu'au départ des pirogues, empêchant ses petits camarades de m'approcher, de peur qu'ils ne me demandent aussi de devenir leur amie. J'avais l'impression d'être un trésor, quelque chose que l'on chérit et que l'on veut garder près de soi sans partage. C'est la photo du jour publiée par Steve... C'est , pour ma part, mon plus beau souvenir...











Retour en pirogue... les gazelles sont épuisées mais ne sont pas au bout de leur surprise... en effet, alors que la tourista bat son plein et que nous sentons le fennec à 200 mètres... plus d'eau ni d'électricité dans les cases !!! On se lavera tant bien que mal les mains à l'eau minérale (c'est bon pour la peau ?) et on évitera d'utiliser les toilettes (aïe... pas d'bol....). Nous sommes épuisées avec Céline, on mange rapidement. Elle ne se sent pas très bien. On repart dans la case et on s'endort comme des masses jusque 17h.... au retour de l'eau et de l'électricité... ouf....


LES GAZELLES SONT FATIGUEES