Lycée du Haut-Barr

- 67700 Saverne -

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Dans le cadre des animations autour de « la journée de la femme », proposées conjointement par Mme Stefaniuk, adjointe en charge des affaires scolaires, et Mme Leyendecker, référente familles du centre socio-culturel, 15 élèves de TES et de TS1 du Lycée du Haut-Barr ont pu offrir à un public d'une vingtaine de personnes une représentation de la pièce de théâtre intitulée « Louise Weiss, une femme libre de son destin », écrite par Mme Le Van, leur professeure de philosophie, et mise en scène par Mme Guillaume-Rivelaygue, actrice. Ainsi, jeudi 7 mars de 9h à 10h, dans la section Louise Weiss du Musée, les élèves ont joué une grande scène où Louise Weiss reçoit, en 1946, des invités prestigieux et s'interroge avec eux sur les moyens de créer une vraie égalité entre femmes et hommes. Il s'ensuit quatre saynètes relatant comment cette grande dame a dû s'affranchir des préjugés sexistes pour affirmer, à coups de révoltes et de ruptures, sa liberté. 
Ce projet de pédagogie innovante s'inscrit dans une synergie entre la Mairie de Saverne et son musée, le Lycée du Haut-Barr, la compagnie « atelier mobile » en résidence sur Saverne (avec un soutien du conseil départemental du Bas-Rhin) et le Rotary Club de Saverne (qui finance la captation et le montage d'un film sur la pièce). Le Lycée du Haut-Barr, étant affilié au réseau des écoles associées à l'UNESCO et ayant signé une convention de partenariat avec le Musée, se doit de mettre en place des initiatives pédagogiques pour promouvoir les droits humains, et notamment l'égalité entre les sexes. Grâce aux convergences entre ces différents partenaires, Mmes Le Van et Guillaume-Rivelaygue ont été amenées à associer leurs talents et compétences pour permettre aux élève de découvrir la vie et l’œuvre de Louise Weiss au moyen d'une expérience théâtrale originale.
 
Ainsi que le précise l'auteure, « cette pièce de théâtre philosophique est une libre création à partir d'éléments autobiographiques de Louise Weiss, pour évoquer la question de l'émancipation des femmes ». La metteure en scène insiste, quant à elle, sur le fait qu'il s'agit d'un « work in progress », puisque la finale aura lieu le 2 avril prochain (et sera filmée), et remercie le public de permettre aux jeunes de s'essayer pour la première fois « en conditions de scène ». Ainsi, les élèves, pour la plupart des primo-acteurs, ont relevé le défi avec brio en donnant corps et voix au texte, et ils ont tenu en haleine les spectateurs présents. Grâce au soutien de la conservatrice, Mme Feyler, les jeunes ont pu jouer dans les appartements reconstitués de Louise Weiss, en utilisant le mobilier d'époque, ce qui a crée un climat fidèle à l'esprit de cette grande féministe de la première heure.
 
 
Suite à cette présentation, un débat proposé par le CIDFF du Bas-Rhin a eu lieu de 10h à 11h, animé par Mme Peter. Tout d'abord, un film a été présenté où il était demandé à des passants de citer des noms de femmes célèbres. Trop rares sont les femmes reconnues du grand public, car à part Marie Curie et Simone Veil, peu de références ont été évoquées. A partir de ce constat, des échanges entre les élèves et les adultes ont permis de réfléchir aux raisons de cette invisibilité des femmes, de cette occultation admise des apports matrimoniaux. Les participants constatent que l'infériorisation des femmes résulte de nombreux facteurs, qu'ils soient culturels, religieux, linguistiques, historiques, politiques, sociologiques, ou encore économiques. Ainsi, « un homme public » est une expression valorisante, mais une « femme publique » est connoté péjorativement...
 
Les participants, tout en reconnaissant que des progrès en matière d'égalité ont déjà été accomplis, souhaitent qu'ils se poursuivent, car perdurent malheureusement des inégalités patentes de salaires à diplômes équivalents, une sous-représentation des femmes à des postes de direction ou à des fonctions de prestige, une inégalité dans la distribution des tâches ménagères, un manque d'estime de soi des femmes construit par la société qui alimente l'effet « plafond de verre », une restriction dans les choix de carrière si la femme a des enfants, sans parler des violences physiques ou symboliques dont les femmes sont encore trop souvent victimes. Est-ce que les femmes peuvent aussi aisément que les hommes être libres de leur destin ? Comment parvenir à une société plus juste où femmes et hommes vivront réellement dans un respect mutuel, fondé sur une vraie égalité ?