Lycée du Haut-Barr

Lycée du Haut-Barr - SAVERNE

Le mercredi 17 septembre 2025, la 1èG4, encadrée par Edwige Lanères, a arpenté la forêt en composant des poèmes, pour mieux saisir la démarche de la poétesse Hélène Dorion, autrice du recueil Mes forêts. Après avoir lu les consignes d’écriture synesthésique, les élèves ont marché vaillamment, et composé leurs poèmes de façon authentique, avec leur sensibilité, de façon personnelle, sans recourir à une intelligence artificielle! De plus, ils et elles se respectaient les un·es les autres ; les lycéen·nes en tête de peloton attendaient les flâneurs et les flâneuses, et personne n’a manifesté la moindre rancœur contre ce farfadet malicieux d’Eliot qui nous a entraîné sur des pentes glissantes de roche, de terre et de pierres qui roulent. Au contraire, tout le monde remercie ce guide aventureux qui nous a bien fait rire ! Romane a encadré le groupe avec sérieux, elle a fait l’appel, veillé à ce que tout le monde suive… mille mercis ! En marchant, Hugo et Romane ont récité le poème « Correspondances », de Baudelaire, parfaitement accordé à la forêt : « La nature est un temple où de vivants piliers / Laissent parfois sortir de confuses paroles ». Et lors des pauses poétiques, Yoan, notre poète national, s’est installé tantôt sur une souche, tantôt dans une cabane, pour composer ses belles strophes régulières où « s’entremêlent les racines des humains ». Timothey composait en marchant ! Il comptait sur ses doigts les syllabes, pour former des octosyllabes, ou des alexandrins. Lucas formait un binôme d’écrivains talentueux avec son ami Hugo ; ensemble ils réinventaient la nature, ils la sublimaient dans leurs strophes euphoriques, pleines d’énergie et de joie.
Stanislas écrivait sur le dos de Clément qui écrivait sur le dos de Mathéo B. qui écrivait sur le dos d’Aymeric, sous le regard de leur co-auteur Marlon. L’autre Mathéo, sage, sérieux, poète inspiré, composait seul, assis sur une roche moussue, entre les jumeaux Erwan et Romain, tous deux prolifiques. Nos deux musiciens chantaient à l’écrit le temps qui passe, les souffrances et la peur terrées dans les bois. Timothé B. rédigeait ses vers auprès de ses camarades, accroupi sur le sable du sentier ; il écoutait les voix, observait les mouvements autour de lui, sensible aux êtres, aux pierres, aux feuilles. Plus rieurs, Tom et Alexis s’inspiraient de la superbe chevelure de leur ami Loann pour rédiger des vers en harmonie imitative avec les bois, les feuillages, les nids d’oiseaux. Tout près, assises sur les pierres du chemin, Maélys, Sarah et Lise faisaient surgir de leur imagination des « trésors endormis qui se réveillent à la tombée de la nuit » ; leurs vers traçaient des images saisissantes, des impressions que nous pouvons toustes avoir ressenties, et qui devenaient tangibles, là, sous leur plume. Droites comme les pins sylvestres qui les entouraient, Elisa et Sarah M. se tenaient à l’écart, un peu éloignées des facéties de leurs camarades, pour entendre les bruits de la nature et composer des vers synesthésiques, mêlant les parfums, les couleurs et les sons. Encore un peu plus haut, Luca et Simon décrivaient la chute des châtaignes et la naissance des arbres : leur science se muait en poésie. Clémence et Lina dégustaient leurs encas avec Romane, sans doute pour ajouter à leurs poèmes des sensations gustatives… ou simplement pour puiser un peu d’énergie en vue de la montée vers le château du Haut-Barr. Tout là-haut, au sommet du vénérable édifice de grès rose, la plupart des élèves ont grimpé l’escalier et traversé le pont qui surplombe la belle vallée d’Alsace : à la lisière de l’automne, les teintes vertes, rousses et or de la forêt vosgienne sont à elles seules tout un poème ! Encore un grand Merci à toustes les élèves ! C’est une joie et une grande chance, de partager avec vous ces moments créatifs !

Edwige Lanères